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Chapitre 06

chapitre 6  (Chapitre 06) posté le jeudi 29 janvier 2009 13:04

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chap 6 : 01  (Chapitre 06) posté le jeudi 29 janvier 2009 14:07

 

Je sens son regard sur moi et j'en ai des sueurs froides, a t-elle lu le passage où il parle de la première fois où je l'ai forcé?

Oui, je lis la colère et le dégout dans son regard. Ce que je crois être habituel, est plus prononcé aujourd'hui quand elle me regarde. Mais a t'elle idée à quel point moi aussi je m'écœure?

Sans doute que David aussi. Je comprend mieux son regard sur moi, à l'aéroport. Distant, froid. A moins que cela soit son mariage qui l'a rendu ainsi, dégouté de tout.

Pourquoi alors ne me crachent t-ils pas au visage, pourquoi ne m'injurient-ils pas?

Je l'avais forcé malgré lui, j'avais été le plus cruel des amis, utilisant les failles que j'étais le seul à connaître de lui. L'humiliant en le possédant malgré sa réticence, ses suppliques muettes.

... je sens que je tremble en tournant les pages...il devait me haïr...ce livre, une porte ouverte sur son cœur...j'ai peur de lire combien je lui ai fait mal...combien j'ai pu le briser plus qu'il ne l'était déjà...

 

 

"Je me réveillais sur le lit, ma tête me lançait atrocement, un maux de crâne indescriptible. Je me remémorais la soirée, à l'hôtel. A la vue de Patrice sur cet homme, je sentais ma gorge se contracter et cela n'avait rien avoir avec le goût pateux de ma bouche, des retours de tout l'alcool que j'avais avalé sans y prêter le moindre intérêt. Tout ce que je souhaitais ce soir là, été de noyer dans l'oubli ces images de mon meilleur ami, ce sale hypocrite...

Je ne sens que ma tête tambourinant dans ma boite crânienne, je me relève, et la douleur dans le bas de mes reins me freine, pourquoi j'ai si mal?

Je n'y fais pas attention, je veux juste prendre un truc et m'enlever cette horrible sensation d'avoir un scaphandre sur la tête remplie de souris qui me rongent le visage.

Face à la glace, les gouttes d'eau ruisselant le long de mon visage blanc, je sens mon cœur tonner étrangement, je me maintiens la poitrine, ce n'est pas vraiment une douleur, mais comme l'annonce d'un coup plus violent.

Je fixe mon regard, l'aspirine que j'ai pris devrait faire son effet d'ici quelques secondes, mais je n'ai jamais eu cette étrange sensation au cœur.

 

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chap 6 : 02  (Chapitre 06) posté le jeudi 29 janvier 2009 15:11

 

Soudain un sentiment étrange s'immisçait en moi, pourquoi cette douleur derrière mon bassin me trottait ainsi en tête, mon esprit ne voulait pas en décrocher, comme une signalétique d'un danger particulier.

Une honte m'envahissait soudain, me submergeait sans avertissement, une envie irrépressible de vomir, venant de nul part. Mettant cela sur le compte de l'alcool, une main sur ma bouche, je me rend vite compte de mon erreur.

Les derniers souvenirs apparaissant en quelques secondes dans des flash qui me semblaient m'arracher à chaque passage du fond de l'écran de ma conscience un bout de mon cœur.

Il me semblait me vider littéralement de tous mes organes, dans ce rejet mélanger aux effets de ma nuit ainsi qu'au dégout qui m'avait envahit de me rappeler ce que Patrice m'avait fait, il n'y avait pas quelques heures.

 

 

Je n'ai jamais connue une douleur plus fulgurante. Mon estomac ne contenait plus rien, mais mes crampes ne lâchaient plus mon ventre et ma gorge en feu m'étouffait par des spasmes douloureux et sans interruption.

Dans des hurlements sourds, je comprenais ce que Patrice m'avait fait...mes cris étaient de plus en plus espacés, courts, mais dans leur silence de douleur, ils étaient effroyables par leur résonance de ma souffrance.

...un sentiment effroyable de trahison, d'humiliation...la honte...

J'avais honte de n'avoir rien empêché, je lui ai cédé...j'hurlais en moi l'impensable, comment cela était possible, comment ai-je pu me laisser faire.

Quelques brides de flash, ces mots infâmes « tu sera seul Atori » revenant de manière incessante. Je le voyais sur moi, je sentais encore son souffle contre mon torse, le sentir en moi s'enfoncer au delà de ma réticence.

Le sol devenait tout à coup mou, comme avalé par le néant qui m'encerclait, je suis aspiré dans une masse noire, informe... tout devenait flou, improbable, sombre.

 

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chap 6 : 03  (Chapitre 06) posté le jeudi 29 janvier 2009 15:34

 

J'ouvrais les yeux et sentais sur ma joue, une sensation de froid. Le visage par terre, coller contre le carrelage de la salle de bain, je reprenais peu à peu conscience ...une douleur, tel un clou que l'on enfonçait lentement dans ma poitrine me faisait plisser les yeux.

J'haletais mais pourtant cette douleur m'étais étrangère car ma conscience était en dehors de mon corps, comme si j'observais un étranger allongé sur le sol, devant moi, sans vraiment ressentir sa souffrance, je la devinais simplement.

Je me suis évanoui?

 

 

Je me relevais, amer.

Décidément je tenais mal l'alcool.

Me glissant sous la douche, j'allumais d'abord l'eau froide, mais mon esprit était si détachait que je n'en ressentais presque rien. Ma main tournait par habitude sur l'eau chaude, qui ne tardait pas à caresser ma peau.

L'eau chaude perlant sur mon épiderme, me calme et me détend un peu. Je bénis le créateur des douches, des tuyaux d'eau courante, des chauffe-eaux électriques et toute autres inventions qui rendaient le quotidien moins pénible.

Une pensée pour les gens qui ni avaient pas accès, me faisait culpabiliser, certains connaissent bien pire que ma vie actuelle...mais savoir cela ne me soulage pas, cela m'aide juste à prendre un peu de recul, me permet de remettre quelques idées en place.

 

 

Je devais avoir une discussion d’homme à homme avec Patrice…je voulais qu’il admette son erreur, qu’il s’excuse… me dise que tout cela était une plaisanterie de mauvais goût et que tout reprenne comme avant...

J'étais prêt à tout oublier s'il me disait simplement ce que je voulais entendre, qu'il était allé trop loin, qu'il regrettait, qu'il ne comptait pas vraiment me quitter …que je n’ai pas à envisager une rupture définitive entre nous; ce dont je me savais incapable. Patrice et David étaient pour moi la seule chose qui me faisait vivre.

Cela peut paraître stupide, mais tous deux étaient l’air de mes poumons. Depuis le premier regard que j'avais posé sur eux adolescent, j'avais voulu être leur ami.

La solitude était bien le sentiment que je haïssais le plus, sentiment qui me terrifie encore…des racines profondes encrées en moi et qu’à présent, proche de la fin de ma vie, je distingue clairement. Un poison lent, infiltré dans mes veines depuis l’enfance. Je m’amputerai volontiers un bras, sans anesthésie, pour plus avoir ses souvenirs là, ceux de mon enfance passé seul…

 

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chap 6 : 04  (Chapitre 06) posté le jeudi 29 janvier 2009 17:50

 

J'avance dans l'appartement, mais aucune présence, autre que la mienne ne fait office de vie. J’allumais alors la télé, comme une protection invisible contre la solitude. Un verre de vodka, cul sec me brûlait la gorge et me permettait quelques minutes du moins, d’oublier toute cette histoire.

La télé n'était qu'un fond sonore sur mes idées embrouillées, pourquoi tout avait changé en une soirée. Si vite sans prévenir.

 

 

Depuis mes 17 ans, à la mort de mon père, je n’avais plus jamais était seul. Nos avions tout trois pris un appartement.

Au début il ne devait y avoir que moi et David, ce dernier était déjà mannequin pour quelques magasines à cette époque là. Puis Patrice était arrivé dans l'appartement du jour au lendemain, sans nous donner d’explication, la figure en sang, il nous avait simplement dit qu’il partait de chez lui. Il en a gardé une marque sur le côté droit de son visage, que ses cheveux cachent encore.

Il arrêtait ses études. Au début nous ne l'avions pas pris au sérieux, de nous trois, c'est lui qui avait la structure familiale la plus « normale ». Patrice était du genre impulsif, toujours à changer de look dans le but d’attirer l’attention sur lui.

Ses cheveux avaient dû connaître toutes les teintes possibles et imaginables. Mais cette fois c'était du sérieux. Après cet épisode, il avait essayer plusieurs petits boulots pour finalement travailler la nuit, il était devenu Escort Boy, mais jamais il ne s’était prostitué…du moins me l’avait-il juré à cette époque et je crois bien que j’avais voulu le croire, sans chercher plus loin. Le faisait-il avec des hommes? La question m'obsédait.

 

 

Jusqu’à présent j’avais accepté tous ses débordements, cela faisait partie du charme de sa personnalité mais cette fois là, tout est différent.

...comment a t-il pu me faire ça...comment peut-il dire qu'il m'aime et m'obliger à lui céder... Depuis quand savait-il qu'il était homosexuel? …

Et si jamais Patrice venait à partir ? Un froid sidérale et douloureux m’empoignait les tripes, une peur panique m’envahissait. Quelque part je n’avais jamais imaginé que notre relation puisse se stopper ainsi…vivre seul ? En étais-je seulement capable, David n’était jamais à l’appartement, Patrice et moi y passions le plus clair de notre temps ensemble. Je détestais et déteste toujours être seul.

Toute mon enfance je l’avais été, cette amère solitude, je ne voulais plus jamais y goûter…

 

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