Les vibrations inhabituelles, me sortent de mes souvenirs. Le commandant de bord avertissait qu’ils étaient en train de traverser une perturbation.
Une fois la peur passée, je regardais furtivement Patrice prit dans la lecture. J'avoue que je me retiens de le giffler avec toute la violence dont mes faibles poings pourraient lui asséner, je lui cracherai au visage toute ma colère de ce qu'il a osé faire à celui qu'il prétend aimer...
Malheureusement je connais Patrice plus qu'il ne se connait, mon frère venant souvent pleurer dans mes bras face à l'être compliqué qu'il a décidé d'aimer à la folie; plus que tout, plus que lui-même.
Joshua a osé mentir et le trahir pour garder cet amour près de lui, ne lui révélant pas qu'Atori était venu lui parler avant de partir au Japon.
Il sait que pour son petit ami un seul homme compte, un seul qui pourrai lui demander n'importe quoi, il assouvirai sur le champ le moindre de ses désirs...tout comme lui le ferai pour l'homme blond égoïste et égocentrique, qui ne voit que son propre malheur, se considérant plus malchanceux que les autres.
La douleur, la peine, reste de la douleur et de la peine, peu importe ce qui a causé l'origine de ses maux...pourtant je reconnais que certaines blessures sont plus profondes, plus dures à cicatriser et parfois elles sont invisibles à l'œil nu pour qui ne sait pas déchiffrer les codes secrets qui les cachent aux yeux du monde.
Qui détient vos peurs les plus profondes, vous tiens en son pouvoir...je crois qu'au fond c'est ce qui nous effraie le plus dans une relation, se donner à l'autre et voir qu'il n'en a strictement rien à foutre; que ce n'est qu'un jeu et que vos petits malheurs sont bien peu de chose face à son ennui et son immaturité.
Je l'observe de nouveau, je remarque ce froncement de sourcil qui le caractérise, je n'avais pas idée à quel point leur relation était compliquée.
Je me sens encore plus coupable d'avoir était si cruelle avec lui...mais pourquoi n'as-tu rien dit, jamais, pas un mot, tu n'as jamais déserré tes dents...mais maintenant je comprend, puisque le seul être que tu avais laissé pénétrer en toi, était celui qui te fit le plus de mal.
Comment se livrer après une telle expérience...impossible...tu as scellé ton cœur et jeté la clé dans la masse sombre de l'oubli. J'étais bien trop prise dans mes propres problèmes, ma propre survie pour voir que tu n'allais pas bien...cela ne nous a pas empêché de nous rapprocher, à ce moment là.
Même si je sentais que quelque chose n'allait pas, je n'osais pas te le demander, nous ne connaissions à peine, quelques mois.







