-S’cuse moi Dave.
Je le vois replier ses jambes, pour me laisser passer, pour rejoindre ma place. Je regarde alors le livre d’Atori prisonnier de ses mains.
-Ouais, désolé, j’ai lu…
-Moi je veux croire qu’il est encore en vie, je prononce tout bas, de manière à peine audible, comme pour m’en convaincre moi-même. Il est vivant, il nous attend…
David aperçoit les tremblements de mes mains, le visage tourné vers le hublot. Je sens mon regard s'embuer s'imposant à moi sans que je puisse vouloir rejeter cette vague atroce de remords.
-Le soir où il est parti…je…je lui ai dit des trucs…j’étais en colère contre lui et y'a des choses que j'aimerai effacer.
-Je sais, il en parle dans son livre.
Il me stoppe aussitôt dans l’envie de lire ce passage précis.
-Lis le normalement, saute pas d’étape, on est dans l’avion maintenant, il reste 10 heures de vol, tu l’auras fini bien avant qu’on soit à Tokyo.
Je serrais mes poings, j’avais déversé toute ma colère, ma rancœur sur lui à ce moment là, juste avant qu'il s'en aille pour si longtemps dans son pays natal. Avec ce qui s'était passé entre nous, j'avais agis comme si le fautif c'était lui, alors que l'on savait tout deux que c'est moi qui avait franchit la limite.
-Tu dois pas t’en vouloir, ok…t’as pas été le seul à avoir été un gros connard avec lui à ce moment là.
J’observe David, cette fois c’est lui qui évite mon regard, il se serai passé quelque chose entre eux avant son départ ? Il ne m’a jamais rien dit et ça c'est plutôt mauvais signe, s'il me cache un truc c'est qu'il a honte, qu'il est allé trop loin.
...Atori attend-nous...je t'en supplie...dieu, Mère nature, Vishnou ou qui tu veux, je t'en prie laisse-le en vie...que je puisse m'excuser...lui dire que je ne pensais pas ce que je lui ai dit...je t'en supplie sur ma propre vie...que je lui dise que je suis désolé pour tout...








