chapitre 2 : 02  (Chapitre 02) posté le lundi 26 janvier 2009 19:17

...je me souviens encore quand nous t'avons rencontré pour la première fois...

 

-Putain il a l’air coincé…je l’aime pas.

-Tu le connais même pas.

 

 

-Et alors, t’as vu un peu sa tête, il est quoi, chinois ?

-Je dirai plutôt japonais, il est grand et élancé.

-Mouais, tous pareils pour moi…

-Bien, voici Atori, annonce leur professeur de collège. Il est d’origine japonaise et parle très bien français, donc pas besoin de vous croire obliger de fanfaronner devant lui.

Le prenant par les épaules, il lui indique des places libre.

-Vas-y, installe toi.

 

 

Cet Atori, à l’air impassible, pas un sourire, venait s’asseoir devant nous deux. On ne le quittait pas des yeux.

-Quoi ? Demande le jeune asiatique, le regard dur, voyant qu'on le regardait avec insistance.

-Rien maugréait, David en se retournant vers moi, balbutiant de manière muette un « je le hais », qui me faisait sourire.

 

 

Pour ma part, ce mec avait un truc qui me plaisait…je saurai pas dire quoi, mais c’était certain que je mourrai d’envie de mieux le connaître.

David n’avait pas fini de le détester, Atori était arrivé en décembre, il avait un an de moins que nous et en quelque mois à peine il obtenait une moyenne de 18,7. Il traînait seul et avait un succès évident auprès des filles.

 

 

David fulminait car avant son arrivée, c’était lui le chouchou de ses dames et cela même s’il refusait toutes les invitations aux soirées et qu’il ne se faisait aucun ami.

 

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chapitre 2 : 03  (Chapitre 02) posté le lundi 26 janvier 2009 19:26

 

Il ne l’avait pas vu, mais avait bien senti son sac à dos cogner avec violence son dos. David fulminait en se tenant la partie douloureuse qui venait d’être heurté, injuriant celui qui n’allait pas tarder à regretter de lui avoir fait ça, exprès ou pas !

- Tu pourrais t’excuser sale con !

Atori lui lançait son regard dur, habituel, comme si c’était David lui-même qui lui était rentré dedans. Puis la noirceur de ses pupilles avaient laissé place à ce regard hautain qui agaçait tant David.

- Tu m’es rentré dedans exprès !!

- Lâche mon bras, demandait le jeune adolescent aux traits affirmés.

- Excuse-toi d’abord !

- Arrête David…

- Non, je veux qu’il s‘excuse !

L’adolescent aux cheveux aussi noir que la couleur de ses pupilles, me fixait, j’en sentais des frissons me parcourir le corps, ses yeux sur moi.

…mais bon sang, qu’est-ce qu’il m’arrive ?…c’est quoi cette réaction de merde…tu le kiffes ou quoi ?…

- Tu ferais mieux de calmer ton ami, me sortait-il de mes pensées, s’il a une expulsion de plus et il sera viré du collège.

 

 

J’étais surpris, comment était-il au courant ? C’est vrai que David avait le sang chaud, toujours à se battre pour un rien, depuis le suicide de son père il était constamment en guerre contre le monde entier…c’est d’ailleurs sur ce dernier point, qu’on se rejoignait.

Aux mots « expulsion » David s’était subitement calmé. L’adolescent brun, s’en allait alors, une fois la main ayant lâché prise sur son avant-bras.

-Un jour je vais lui péter sa petite gueule de con…

-Arrête David, il t’est rentré dedans sans le faire exprès.

-Qu’est-ce t’en sais toi ? T’as pas vu son regard !!

- Non, mais j’ai entendu ces mots, il a pas dit ça pour faire le malin.

David prenait un temps de réflexion, le japonais ne s’était pas montré agressif, menaçant ou arrogant en lui disant de se calmer.

- Tu crois ?

- Qu’est-ce qu’il gagnerait à se battre contre toi ? T’es vraiment con quand tu t’y mets.

-Merci, ça fait plaisir d’avoir un ami tel que toi !

-Et moi qu’est-ce que je devrais dire, t’es vraiment un boulet des fois !!

David m’attrapait par le coup, comme à son habitude et frottait son poing sur mon cuir chevelue blond.

 

 

Du couloir, Atori nous observait souvent. Je l'observais discrètement.

Un sourire légèrement triste sur ses lèvres, dénonçant ses pensées, dans ces moments là je me demandais souvent ce qu'il avait en tête, plus tard, lorsque nous sommes devenus amis, il m'avait avoué qu'il nous avait de suite remarqué parce que David et moi étions démonstratif. Cela l'attirait, lui qui était tout l'inverse.

Les gens prenaient sa réserve naturelle pour de la froideur ou de l’indifférence. C’est ainsi qu’il avait été élevé au Japon pendant les 11 premières années de sa vie. Les bises, les épanchements émotionnels, tous ces trucs naturels pour ceux d’ici…pour lui ça n’avait rien de si naturel que cela.

 

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chapitre 2 : 04  (Chapitre 02) posté le lundi 26 janvier 2009 19:45

 

Une nouvelle journée était passée comme toutes les autres, ennuyeuse et inutile à ma vie d’adolescent. Ma posture de lassitude ennuyait mon professeur de math et c’est dans un sourire narquois que je m’affalais encore plus entre mes deux bras, en position de sommeil réparateur.

Avec David on avait passé la nuit à boire, en matant des pornos chez lui, sa mère était parti deux semaines à Taihiti, avec son dernier amant friqué. On s’était fait une belle nuit blanche, comme je les aime.

Je sentais les yeux bruns du japonais se poser sur moi et cela ne me déplaisait pas, au contraire, dès que je pouvais j’attirais son attention. Un bâillement plus fort que nécessaire, un étirement prononcé, quitte à un peu bousculer celui devant moi pour qu’il râle et que je lui répondre un « ta gueule ». Tout, pourvu qu’il me remarque, mais ceci dit, mes cheveux l’avaient déjà pas mal choqués quand j’étais arrivé Lundi, comme ça. Je souriais de ma bêtise, mais je le perdais vite, ce soir j’allais rentrer seul et je savais ce que cela signifiait pour moi. Mon frère et sa bande de con allaient m’attendre à la sortie.

 

 

David était à son taff, au noir évidemment, il séchait les cours et d’habitude j’en faisais autant, mais disons que dernièrement j’avais une nouvelle « motivation ».

J’avais alors dans l’idée de le suivre, discrètement, voir où il habitait, comme ça sans vraiment de raison particulière. Mais cet idiot était resté dans le CDI qui servait de bibliothèque, avec un accès à internet.

J’avais voulu me faufiler au fond, mais il m’avait de suite cramé, on était que deux. Je m'étais alors assis en face de lui et hormis deux ou trois regards, il ne s’était rien passé. Je l’avais vu sortir rapidement et trop mal à l’aise par son regard noir sur moi qui disait « tu me veux quoi ? » je n'avais pas suivi. Sans doute croyait-il que je voulais le raquetter, finalement il était comme les autres, il cherchait pas plus loin que mon apparence. Pourtant j’y avais cru, moi dans ses yeux j’avais vu autre chose que de la froideur.

Dehors je ne le voyais plus, la nuit tombait vite, on était déjà en Février. Le vent froid me le rappelait gentiment. Avait-il couru pour me fuir ?

…connard, t’es qu’un sale con…je vais te pourrir l’existence au bahut, tu vas voir...

Mais au moins maintenant j’étais sûr que mon frère et sa bande de naze ne serait pas là à la sortie pour me tirer mon fric. Sauf que…

 

 

- Tiens, c’est pas blanche neige ?

Putain, cette voix nazillarde, Chris, l’ami d’enfance de mon grand frère, il m’accueille d’une tape, tout sauf amicale derrière la tête. Je râle, me frottant l’arrière de la nuque, sur le coup j’ai senti une décharge et maintenant le feu du coup me brûle l’arrière de la tête. Je vois les bières empilées sur le trottoir, les clopes.

 

 

- Qu'est-ce que tu me veux, j’ai plus d’argent, tu sais très bien que papa m’a puni.

Je regardais mon frère finir sa canette, en tirant la langue pour prendre les dernières gouttes, rien qu’à son attitude je sais qu’il est bourré.

Qu’elle baffe je m’étais prise ce week-end quand mon père m’avait surpris à fumer dans le garage. J’ai été con aussi, à accepter la cigarette que mon frangin me tendait. Je m’étais naïvement dis, ça y est les choses change entre lui et moi, que dalle. Prétextant d’aller aux chiottes il m’avait laissé là, avec sa cigarette, pendant qu'il allait le prévenir. Puis quand je l’avais aperçu derrière notre père, le sourire vainqueur, là j’avais compris que toute notre vie nous serions ennemi, il en avait décidé ainsi.

La punition avait été à la hauteur de la baffe que j’avais reçu. Plus d’argent de poche de trois mois, plus de sorties et l’obligation de les aider tous les week-end dans leur restaurant de merde jusqu’à la fin de l’année scolaire. Même si je pouvais facilement faire le mur, je devais me taper les week-end avec eux et ça c’était pire que de pas pouvoir sortir.

- Arrêtes, tu vas me faire pleurer…je sais que tu vends de l’herbe avec ta fiancée.

-Parles pas de David comme ça !

 

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chapitre 2 : 05  (Chapitre 02) posté le lundi 26 janvier 2009 20:41

 

-Sinon quoi ? Me disait-il de toute sa hauteur pour me dominer. Donnes-moi ton fric avant de M’ENERVER ! M’hurler t’il dessus.

Plutôt crever que plier devant lui, alors je le nargue, d’un « viens le chercher ». Il me fou une gifle monumentale au visage, qui me fait perdre pied, reculant sur moi-même.

Putain, il y est pas allé de main morte, quand il boit il est encore plus féroce, mais je me laisse jamais démonter, même si je sais que je vais m’en prendre plein la gueule, je lui fonce dessus, dans l’estomac, pour le faire tomber par terre, mais évidemment, il me cogne aussitôt au visage, pile sur l'arcade. Me m’en suis mordu la langue de la violence du choc. La bouche inondée de sang, il se met à rire, me voyant genoux à terre, le visage rouge.

-T’es vraiment qu’une femelette, tu sais!

Sans attendre, il posait d’autorité la main sur mon entre-jambe, me broyant les testicules, je peux vous dire qu’à ce moment là, se faire arracher une dent à vif aurai été moins douloureux Je le repoussais d’un geste rageux de la main, mais ces deux potes me coinçaient aussitôt les bras, m’empêchant de bouger. Et mon con de frère, Jérémie, continuait d’appuyer dessus comme s’il s’agissait de grappe de raisin duquel il allait tirer du vin.

-En-foi-ré, arrivai-je à peine à prononcer les larmes aux yeux, tant j’avais mal.

Le côté humiliant surpassait plus que tout, ma douleur. D’un sourire entendu avec l’un de ses abrutis, je vois le plus âgé s’avancer vers moi et commencer à me défaire le pantalon. La frayeur me parcourait alors tout le corps, ils comptaient faire quoi ?

 

 

Mais à la place de rires de railleries, c’est un bruit sourd qui se faisait entendre. Ouvrant les yeux, je voyais David essoufflé et rouge de colère, ainsi que l'un des bruns à terre.

 

 

- Vous le touchez encore une fois et je vous explose vos petites gueules de pd refoulés!!

Le plus grand, celui que David venait de frapper sans retenue, se relevait, la lèvre en sang et le regard haineux.

- T’aurai pas dû, prononce t’il en grinçant des dents, se ruant aussitôt sur David.

Dans un coup d’épaule dans l’estomac, David se retrouvait genou à terre. Les deux autres garçons s’étaient jetés sur lui le frappant au ventre.

Par la violence des coups, il crachait de la bile. Mais il était du genre hargneux, même s’il avait mal, il se relevait et frappait le premier qui tombait sous son poing et envoyait un coup de pied à l’autre. Je voulais me relever pour l’aider, mais mon entre-jambe était horriblement douloureux, au point de m’empêcher toute tentative d’aller l’aider.

 

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chapitre 2 : 06  (Chapitre 02) posté le mardi 27 janvier 2009 15:35

 

Et comme un songe étrange, le coup de poing que je rêvais d’asséner à mon frère, se fit entendre contre la peau de sa joue. La silhouette d’un brun se dessinait dans la pénombre et c’est en deux mouvements maîtrisés qu’il avait calmé les ardeurs des trois jeunes hommes.

Une sorte de karaté, sans doute, mais c’était presque de la danse à mes yeux, il bougeait à peine, les pieds bien encrés au sol, utilisant juste l’ampleur des mouvements de ses mains, pour les retourner, leur bloquant poignets et bras, les faisant, si tôt pris dans le piège de ses doigts agiles, tomber à terre.

-Tu me le donneras ce fric et tu le sais blanche-neige. Y’aura pas tes copains à la maison.

Je le vois partir, ce regard mauvais sur moi qui m’annonce les pires représailles, mais j’en avais rien à foutre, bien trop l’habitude et puis surtout…Atori…il était là, il ne s’était donc pas enfui ? Et qu’est-ce que cela avait été beau de le voir mettre au tapis ces trois mecs plus grands et plus costauds que lui.

- Ça va ? Demandait-il en voyant David, salement amoché.

- Ça à l’air d’aller ?! Grommelait David se redressant, une main sur l’estomac, qui semble lui faire assez mal au vu de l’œil droit qui se plisse par intermittences.

Atori regardait en direction de la rue, là où les trois brutes étaient parties en courant.

 

 

-Ça leur arrive souvent de t’ennuyer comme ça ?

Sa voix aussi était envoutante, incroyable, on ne l’entendait pas souvent parler, en fait jamais sauf quand il était amener à répondre en classe, dans un ton froid et distant. Mais là, sans le ton de concentration habituelle, sa voix était plus douce.

-C’est mon frère, faut toujours qu’il me fasse chier.

Je vois à son expression sa surprise, comme s’il me disait un « ton frère te frappe ?! » de sa bouche. Je regardais alors mon ami, venu me secourir, comme toujours, un vrai pote celui-là.

- Je croyais que tu devais aller taffer ce soir?

Je m’essuyais le filet de sang qui avait coulé de ma bouche en attendant la réponse de David.

- Ce soir ils avaient pas besoin de moi, l’inventaire c’est demain…tu pourrai venir m’aider au fait?

Je souriais, comme d’hab’ je l’aiderai à taffer, pour qu’il gagne plus de tunes, je ne touchais jamais rien, je lui redonnais tout même si cela le mettais mal à l’aise. Et puis c’était un prêté pour un rendu, je pouvais crécher chez lui autant que je le souhaitais en contre partie. Il avait besoin de tune, j’avais besoin d’un endroit pour éviter mon frère.

 

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