Chap 1 : 13  (Chapitre 01) posté le lundi 26 janvier 2009 12:00

 

Je l'entend sourire sous ses draps, se retournant pour continuer à dormir. A peine quelques minutes plus tard je revenais. Au son de mes pas prenant lieu dans sa chambre, je le vois se tourner, les yeux clos mais un sourire narquois aux lèvres.

- Vous n’êtes pas partis ? Vous savez ce qui vous reste à faire…

- Oh, oui, je le sais…

David se redressait presqu’aussitôt, le cœur malmené par le réveil brusque et désagréable d'un sceau d'eau jeté sur lui sans sommation, que je venais de lui jeter en plein visage.

- Ça va pas non !!

- Je ne suis pas votre chien et pour le genre de service que vous voulez, il existe des professionnels !

- Mais c'est qu'on a du caractère, dit-il en s'essuyant les yeux de mèches maltraitées par l'eau perlant encore sur son visage.

-Maintenant vous bougez vos fesses et vous vous habillez, dans 10 minutes vous devez être au studio.

- Vous pensez que je vais vous obéir comme ça ? Me regarde t-il en colère.

Je vois soudain à son regard qu'il comprend, le deuxième sceau d'eau est rempli d'eau et de glaçons.

 

 

- On pari ? Je lui lance un regard sans sourire. 

-Vous n’oserai p…

Il n’a pas le temps de finir, que je lui envoie aussi sec le nouveau seau d’eau sur le corps entier. Arrosant tout son lit.

- Maintenant vous allez être un bon garçon et vous lever ! Parce qu’à partir de maintenant se sont des livres que je vais vous envoyer à travers la figure !

Il ne le sait pas mais mon frère aussi est du genre récalcitrant, cela a été difficile avec lui quand à ses 18 ans il est venu vivre chez moi et ma imposé sa flemmardise. Je sais que quelque part j'ai en horreur les garçons qui se laisse vivre, encore plus quand ils n'ont pas su d'eux même être autonome et dépasser ce super adage qui veut qu'une femme soit au fourneau et eux le cul avachi à boire des bières!

J'ai beau adorer mon frère, jamais je n'accepterai que sous prétexte qu'on a pas un vagin, on se croit le droit de m'écraser!

- C’est ça, je vais vous croir…

Un livre tombe subitement à un centimètre de son visage, il regarde la petite marque qu’il a laisser sur le mur.

-Mais vous êtes folle, vous avez failli me l’envoyer dessus !!

- Vous vous levez ou je continue, prononçais-je, sans tact.

 

 

-Vous êtes viré !!Hurle t’il se redressant brusquement le visage noir de colère.

-Désolé, vous n’avez aucun pouvoir pour me virer, c’était spécifié dans le contrat que j’ai signé hier. Pour ça il vous faudra parler à votre manageur.

 

 

- Si vous croyez que ça va se passer comme ça ! Prononce t’il en rage.

Rougissant aussi vite, en détournant les yeux de son torse nu.

- Vous devez pas souvent voir des hommes nus au vue de votre réaction, rit-il sournoisement, remarque quand on vous regarde on comprend pourquoi !

Énervée, mais bien trop gênée pour le regarder dans les yeux, je ne relève pas. David grimaçant, rentre dans la salle de bain marmonnant des « ça se passera pas comme ça ». La fille, dans la salle de bain est sortie de force, par ce dernier.

-Putain, il te faut combien de temps pour te laver, avait-il râler sans même lui prêter plus d’attention. Elle tente de l’enlacer, mais ce dernier évite sa main, la repoussant sans douceur.

-Tu te crois où? Barres-toi, merci d'avoir écarté les cuisses, maintenant tu dégages.

Il lui ferme la porte au visage. J'en ai mal pour elle, même si on est la dernière des trainée, il pourrait avoir un minimum de respect. S'il la trouve abject, pourquoi avoir coucher avec elle?

Ce type est vraiment un monstre, je comprend mieux pourquoi son manageur était si désespéré.

 

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Chap 1 : 14  (Chapitre 01) posté le lundi 26 janvier 2009 12:22

 

-Vous êtes qui, me demande t'elle avec mépris pour se défouler sur moi du comportement de l'homme avec qui elle a passé la nuit. Plutôt que répondre à David, elle décide lâchement de s'en prendre à moi. Vous êtes surement pas une de ses conquêtes, sourit-elle aimablement d'un sourire déguisé de méchanceté.

...si ça la rassure sur ses charmes de rabaisser une fille comme moi qui n'en a rien à foutre des apparences....

- Je travaille malheureusement pour lui.

David sortait rapidement de la salle de bain, changé. Il ne décroche pas un mot, prenant une veste posée sur une chaise, ses clés de voiture et s'en allant m'envoyant un « cherche toi un autre boulot ma poule, pas la peine de revenir au studio »

 

 

Soudain je vois un jeune homme blond sortir d'une chambre, à côté de la sienne. En caleçon, il nous observe à moitié réveillé.

-Putain, c'est quoi ce bordel, j'ai bossé toute la nuit, moi!

-T'as qu'à demander à cette pétasse!

Je le fusille du regard, il me sourit amusé de voir qu'il peut me vexer.

-Qu'est-ce que tu viens nous faire chier, me dit-il. Tu l'as baisé et elle est pas contente?

-Mais tu l'as regardé trente seconde, vouloir toucher un truc pareil! Je suis pas complètement ivre!

Ce blond à quelque chose d'étrange. Son regard m'effraie, mais pas d'une peur d'être agressé, mais peur de sentir une personne prêt d'un précipice...quelqu'un proche de tomber et dont peu de choses le retiennent.

-Ferme ta gueule, me dit-il alors que je n'ai encore rien dit.

Sans plus de présentation il retourne dans sa chambre après avoir pris une bouteille d'alcool dans le frigo.

...sont-ils homosexuel ou peut-être bi, un couple libre?...

 

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Chap 1 : 15  (Chapitre 01) posté le lundi 26 janvier 2009 12:31

Aéroport  Sim city

 

Je sors enfin de ses souvenirs...nous sommes à l'aéroport nous attendons David, je souris en me remémorant ce moment où j'avais rencontré le David d'Atori, sans savoir que c'était « ce » David là.

 

 

Patrice n'a pas décroché un mot depuis que je lui ai appris pour la maladie d'Atori ainsi que les vagues raisons de son départ, sans nouvelles depuis.

Je n'ai pas entièrement lu le livre, mais certaines choses m'ont troublée.

...lui et Atori avaient une relation étrange...et à le voir ainsi, me scruter sans cesse ça n'en est que plus évident...

 

 

Je me suis toujours demandé pourquoi il ne m'aimait pas, mais peut-être est-ce parce que je ne voulais pas voir que peut-être ce blond qui avait une place particulière dans la vie de mon brun, pouvait tout simplement en être amoureux.

 

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chapitre 2  (Chapitre 02) posté le lundi 26 janvier 2009 13:12

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chapitre 2 : 01  (Chapitre 02) posté le lundi 26 janvier 2009 18:47

 

Je regardais quelques secondes au travers du hublot le paysage de nuages se profiler devant mes yeux. Voilà une heure que notre avion survole la planète…je regarde sur l’écran digital de mon fauteuil classe affaire, la progression de l’appareil flottant au dessus des nuages, qui est sensé nous emmener au Japon. Sur l’écran, imbriqué dans le siège passager devant moi, je vois la carte du monde…comme notre planète semble petite, ainsi affichée contre le dossier d’un siège.

David avait pris les dernières places disponibles, sur le premier vol pour Tokyo, là où Atori était. D’après l’adresse mise sur le dos du livre, il était à Tokyo, comme une invitation, l’a t-il fait exprès... voulait-il qu’on le retrouve ?

David et Leatitia n’ont rien voulu me dire, ils m’ont simplement passé ce bouquin et dit de le lire. Cela fait une heure que je l’ai entre les mains et j’hésite toujours, j’ai peur et je sais de quoi j'ai peur. A t-il tout dit dedans? Tout ce qui s'est passé...

- Il est pas mort dis-moi…osais-je enfin demander la voix cette fois basse et terne, l’appréhension logée au fond de ma foutue gorge nouée.

 

 

-Lis.

Voilà le seul mot que sa mâchoire décrispe depuis l’aéroport « lis ce livre ». Je me détourne, je ne veux pas entendre la sentence de David, je le connais trop. Il voit toujours tout en noir. Toujours le côté néfaste des choses, il n’y peut rien, son enfance y est pour quelque chose.

… putain Joshua, t’as intérêt à serrer tes fesses quand on reviendra, mieux vaut pour toi qu’il soit encore vivant…

Je croise sans le vouloir le regard de Leatitia, je lui envoi mon regard noir habituel, depuis le début, je la vois m’observer, attendant que je me mette à lire, quelque part j’aimais la faire poireauter.

Elle me sourit, je grimace, elle détourne la tête.. « victoire »…tu parles…je préfèrerai cent fois être à sa place. Elle est celle qui avait su obtenir le cœur d'Atori. Je prend mon courage à deux mains et amorce le préface.

 

 

Les premières lignes, donnent le ton, il a une écriture mélancolique. Je ne pensais pas qu’il était capable d’écrire ainsi.

« D’aussi loin que ma mémoire me porte, j’ai toujours souhaité avoir des amis, de véritable amis, sincères dans leur amitié pour moi. Même au Japon, le pays qui m’a vu naître, je n'ai jamais eu de véritables amitiés; les gens m'approchaient car j'étais le premier de la classe et au Japon réussir est une nécessite, vous n'avez pas le choix si vous voulez être reconnu par la société.

Cela était difficile pour moi lorsque je compris que ceux que je croyais mes amis, me détestaient, entendant un jour par mégarde, l'un d'entre eux m'affubler d'un passe-temps immoral, celui de prendre en photo de jeunes enfants et les toucher...cette rumeur avait courue un temps et pour la faire oublier, il fallait tout simplement que j'en créée une nouvelle. Ce que je fis sur le compte de celui qui m'avait créée la mienne.

Et j'avais été à la hauteur, dévoilant une histoire vraie que je pensais fausse, à savoir qu'il couchait avec sa sœur...je ne suis pas d'un fond cruel, mais comme la vie, je rends à part égale ce que l'on me fait...

Quand je m’étais retrouvé à devoir vivre en France cela avait été encore plus évident. La seule personne que j’aimais et qui m’aimait était ma sœur, dont je fut séparé à mes 11 ans, obligé de suivre mon père en France après le divorce de nos parents. J'ai été écroulé par ce changement de vie, ce vide abyssale que fût l'absence d'une mère aimante; qui m'avait longtemps aimé pour ne pas dire idolâtré, pour tout à coup voir un changement subit dans ses sentiments pour moi à cause de ce que mon père lui avait fait.

Il est difficile d'être haïs par quelqu'un que vous aimez, pour une faute commise pas un autre que vous. J'ai longtemps moi-même haïs mon père et il n'a rien fait pour que cela change jusqu'à sa mort, où il me demanda de lui pardonner, mais à ce moment là j'étais loin de me douter quel genre de pardon il me demandait réellement.

Ma vie aurai été bien différente si j’étais resté au Japon, mais j’aurai eu le regret de ne jamais avoir rencontré Patrice et David. Le temps que le rêve d'une amitié sincère avait duré, j'avais aimé être avec eux. »

 

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