Je m’avance vers l’entrée, à la rencontre de celle qui cause tout ce tapage. Joshua s’avance en même temps que moi, un tablier autour des reins, une cuillère en bois dans la main droite, tandis que la gauche se repose sur sa hanche, l’expression interrogée sur sa sœur.
-Il était malade ! Tu le savais ? Demande alors la jeune femme, le regard fixé sans sourcillait sur l’homme plus jeune de cinq années, qu’elle.
-Je ne vois pas de quoi tu parles, pose ce dernier penaud.
-Me ment pas Joshua, tu oublies que je te connais par cœur, avec moi ça prend pas. Tu me déçois!!
Il semble recevoir cette remontrance comme un coup de massue.
…de qui parlent-ils ?...qui est malade?...
Je vois à l’expression de mon amant, rien qu’à sa manière de pincer les lèvres, qu’il est pris en faute.
-Pourquoi tu débarques ici, en hurlant après Joshua, sale conne ?
Je ne pouvais pas m’empêcher de mal lui parler, cette fille...
…je la hais…
…elle a une chose que je n’aurai jamais...
...l’amour d’Atori…
Comme toujours elle me regarde avec tristesse, comme si je venais de la frapper physiquement, sans rien répondre à ma provocation, je la déteste, elle m’insupporte, rien que sa vue, sa manière d’être douce, gentille.
-Barres-toi, je veux pas de toi ici, surtout si c’est pour faire chier Joshua.
-Moi je suis certaine du contraire, vois-tu.
« Vois-tu » mais elle se croit où pour parler bourge, comme ça, je vais te la décalquer pour de bon.
-Je le répèterai pas, casses-toi, cette fois j’accentue avec mon accent méprisable que je sais si bien faire.
-Je sais que tu me détestes.
-Oh, non tu sais pas, ta vraiment pas idée.
- Atori…
-Putain, prononce pas son nom devant moi ! Tu veux vraiment que je te claque ?
Joshua s’interpose devant moi, ralentissant mon regard noir et mon intention d’en venir aux mains, elle n’a même pas bougé quand j’ai levé la main, pourtant je l’ai vu trembler, cette fille est tarée.
-Je…je t’ai menti…, prononce Joshua en me regardant.
-Quoi ?
-Le soir où Atori est parti…il…il était venu à l’appart de ma soeur. Je l'ai disuadé de te parler, qu'il te dise la vraie raison de son départ pour le Japon.
- Comment ça ?
Décidément, ma voix tremble malgré moi, dès qu’il s’agit de lui, j’en perds tous mes moyens.
Là, tout de suite, je me sens mal, c’est moi où l’oxygène se fait rare, pourquoi j’ai cette angoisse sourde qui m’attrape les tripes et les secoues comme un prunier sans leur laisser le temps de reprendre leur place initiale.
- Tu savais…tu le savais et t’as rien dis, prononce Leatitia, et là…là je panique.
-Tu savais quoi, je demande sans retenir ma colère, Joshua, répond moi bordel !
Rien qu’à ma voix tremblante, je sens que mon amant lui aussi panique.
-Atori était gravement malade, un cancer.
Il recule, ne me regarde même pas; pourtant je cherche ses yeux, je recherche son putain de regard.
-Prends quelques affaires pour te changer, on part dans une heure, me lance–telle comme ultimatum.
-Pardon ?
-On part au Japon, notre avion est dans 2 heures, David nous rejoindra à l’aéroport.
-David ?Qu’est-ce que mon meilleur pote fait dans cette histoire. Et comment t’as su tout ça ?!
Je la vois me tendre un livre « Love me for me » cette merde qu’un pote voulait me faire lire, je n’ai pas le temps d’attraper ce qu’elle me tend, qu’elle retourne la couverture…et là, je le vois, Atori dans un costume traditionnel japonais. Qu’est-ce qu’il est beau, habillé ainsi.
...pourquoi semble t’il si triste sur cette photo...





















