L’air bien trop frais avait commencé à geler les extrémités de mes mains et mes pieds, et dans un sourire las, je me décidais enfin a rentrer à l'intérieur.
Cette sensation d'avoir les membres engourdis, absents, cela était sans doute un avant goût de ce que la mort produira sur moi, dans peu de temps.
Pour qui serai mes premiers mots de remerciements...mes amis...elle...mes parents?
Je me décide enfin à m'assoir, allumant le dictaphone. J'écrirai plus tard manuellement, les derniers mots de ce roman qui jamais ne serai lu, par personne. Je pense aller le brûler demain, avec les feuilles mortes que nous avons ramassé hier.
"-Post face : Remerciements…, à qui en premier ?
A toi maman, toi qui m’a toujours détesté. Je vais mourir avant toi, ne trouves-tu pas cela ironique, n’est-ce pas quelque chose que tu souhaitais au fond de toi ? Que celui qui ressemblait tant à cet homme qui t’avais fait souffrir, souffre à son tour… mon corps s’est résolu à mourir depuis quelque temps je le sens, il ne se bat plus. Les médicaments ne font plus effet et la douleur amplifie un peu plus chaque jour. Je le cache à Rukia, mais elle n’est pas stupide."
Je me stoppe perdu dans mes pensées, je lui en veux toujours. Ma mère...qu'est-ce qui défini un parent, les gènes qu'ils vous transmettent ou l'affection? J'ai eu le premier mais pas le second, est-ce pour autant que je devrais renoncer à l'appeler maman?
"A toi, ma tendre sœur, toi que je n’ai connu que 11 ans pendant notre enfance. Tu as rencontré un parfait inconnu il y a 8 mois et lui a pourtant tendu tes bras, ta maison. Partageant un peu de ta chaleur."
Mon corps à faibli ces deux derniers mois et je sens que mon esprit aussi s’est résigné, maintenant que ce que j’avais à dire est posé sur ce papier; avec cette encre noire qui l’a habillée de mots, je peux fermer les yeux, les regrets sont partis, comme la peur de mourir.
J’ai encore des remerciements à poser, pour mes amis, des mots qu’ils ne liront jamais je le sais bien; mais c’est ma manière à moi de leur dire adieu, lorsque nous nous sommes quittés, cela était plutôt en mauvais termes… ma main tremble depuis quelque minutes et m’empêche de continuer.
Je reprend ma respiration, la seule chose qui stoppe un peu la douleur, l’art de la méditation.
Mon souffle ralentis les battements de mon cœur, j'ai alors moins mal.
Mes yeux s'épanchent un temps sur les photos de mes deux amis, posées sur le rebord de mon bureau... les souvenirs de cette photo s’amoncellent un instant dans ma tête.
-Je serai célèbre plus tard, peut-être chanteur, je vais passé à la star ac’, vous verrez !
-T’es con où quoi ? Toi, célèbre? Acteur porno, oui!
-Et c'est toi que j'enc*lerai mon beau!
-Rêve pas, t'auras jamais mon petit cul, pédale.
-Je l'aurai-ton petit cul-tu verras- tête de foui-neuh...
-Non, mais c’est pas vrai, arrête de chanter tous les gens nous observent…
-T’es un vrai boulet, David !
-J’temmerde. Bon on la prend cette putain de photo ! On le fait pourquoi déjà ce truc?
-Je veux garder une trace de mes cheveux !
-T’en change tout les mois.
-Ta gueule, bon t’as mis le minuteur Atori ?
-Tu me prends pour qui ?
-Allez, souriez bande de naze !
Ces photos, je les avais sorti dès mon arrivé ici, 8 mois et elles n’ont pas bougées depuis. Les seules choses que j’ai ramené de France... que faites-vous en ce moment ? Fait-il beau en France ?...
David doit sûrement être dans un studio, à tourner pour un film et toi Patrice…tu devais emménager avec Joshua, est-ce le cas ?…Joshua, le jeune frère de Laetitia...Leatitia, rien que d’énoncer son nom, j’en ai le sourire... je suis stupide…es-tu heureuse à présent ?…
Une voix me sort de mes pensées, une voix parlant dans ma langue natale, en japonais.
- Atori, tu viens le dîner est prés ?
-J’arrive Rukia.
Me levant doucement, je ne comprend pas de suite ce qui m'arrive, le monde penche étrangement …des vertiges … mon cœur me fait mal, une douleur sourde me poignarde, longeant toute ma poitrine, puis se répandant dans toute ma colonne vertébrale.
J'entend à peine les fragments de la voix douce et aigrelette de ma sœur hurlant mon prénom…
Tout est si noir…si froid…















































