03  (Introduction) posté le vendredi 29 août 2008 19:22

 

-Et merde, juste le moment où je sors sans prendre ce p%@ de parapluie.

Je déteste quand il pleut, enfin surtout quand je suis dehors et me retrouve à subir l’eau sur mes cheveux, qui je sais friseront sans attendre.

 

 

Mais hormis ce détail gênant, j’aime la pluie quand je suis chez moi, un pull douillé pour berceau, un film effrayant pour compagnie et de la nourriture calorique à foison; pour moi c’est le paradis.

Entendre l’eau perler contre la vitre. J’aime aussi l’odeur de la nature une fois que toute l’eau du ciel s’est déversée, une odeur particulière. J’aime la manière dont elle habille la ville, saturant les couleurs, éclairant de banale voiture de reflets magnifiques; tout à coup la ville me parait moins monotone, plus familière, plus belle, telle que la vie devrait-être…belle…

Est-ce que la vie est belle pour moi à présent ? Suis-je heureuse ?

 

 

Comment le savoir…fais-je mieux qu’avant ? Sans doute…mieux c’est certain, c’est déjà bien, et tout ça grâce à une rencontre…non, trois rencontres. Trois hommes, chacun à leur façon ont bouleversé ma vie, ce que je croyais savoir de moi…ce que je croyais devoir être ma vie, mon passé…mon futur... devoir subir de cette vie, ce que je croyais devoir être mon destin…

Le destin c’est quoi exactement… des gens y croient, d’autre non…avant moi j’y croyais, car cela était plus simple d’accepter la dureté que le manteau de la réalité peut parfois arborer, car si tout était décidé d’avance alors nous n’y pouvions rien.

 

 

Cela ne servait à rien de vouloir « changer » les choses, juste incliner les épaules et avancer…c’était tellement plus simple de laisser la vie agir à ma place, au moins je pouvais la maudire au lieu d’affronter mon propre reflet…quand je considérais la vie comme un néant, elle n’était que néant. Mais cette vie là ne me convenait plus, alors j’avais souhaité si fort que quelque chose vienne dans ma vie et me permette de changer tout ce qui n’allait pas, ce n’était pas le souhait capricieux d’un « je mérite mieux, donne-le moi », mais un « j’aimerai tant que ma vie change »… ce souhait n’était pas celui que quelqu’un arrange ma vie à ma place, non ce souhait était que quelqu’un me donne les moyens de changer de mes propres mains, ma destinée…

 

 

C’est peu de temps après ce souhait, venu au plus profond de moi, que la réponse à mon appel prit une forme à laquelle je ne m’attendais pas.

Quand tu es apparu, peu à peu tout s’est mis à changer autour de moi, moi la première…mais rien n’était simple et ne l’est toujours pas, parce que vivre c’est accepter de souffrir…il faut juste accepter que le rire est le frère des larmes et une fois cela compris au plus profond de soi, et bien alors tout est possible… la vie prend un goût particulier…celui de la joie d’exister …oui c’est ça, apprécier de vivre, c’est bien ça qu’il me manquait avant que je ne te rencontre, Atori …tu m’as appris à ne plus avoir peur de vivre…

 

 

Mon reflet face à la vitre du magasin contre lequel je m’abrite le temps de l’averse, me montre un spectacle qui m’effraye, mes cheveux frisent. Génial je ressemble à un mouton et ce mec qui lui aussi s’abrite de l'autre côté de la rue, qui n’arrête pas de me lorgner, un sourire moqueur aux lèvres, m’irrite.

Je me sens laide.

Je suis stupide, je le sais. J’ai beau savoir que je ne le suis pas plus que la moyenne, moi je me sens moche, je me trouve laide, hideuse, cela est encré au plus profond de moi…quelqu’un a gravé cette leçon dans ma chair depuis que je suis enfant.

 

 

-Les vilaines filles sont toujours punies.

 

 

Sans doute devais-je être atrocement hideuse, vu tous les coups que j’avais reçu…Elle est toujours là quelques part, malgré mon âge, malgré mes rencontres. Toujours là caché au fond de moi, j’ai eu beau la dépasser, prendre en maturité, en distance avec ce que j’ai vécu, je la sens toujours présente…peut-on réellement se défaire du passé, de ce que l‘on nous a appris, de ce qui nous a fait... de ce que l’on nous a fait…ce qui nous a construit… formaté ?

Ce n’est que maintenant que je remarque le printemps arborer les premiers signes de son cycle, quelques boutons en fleur, leur parfum me sortent de mes pensées noires …n’était-ce pas en printemps qu’Atori était partit soit disant pour aller voir sa mère malade ?

 

 

Finalement il n’est jamais revenu, sûrement à cause de moi, à cause de ce que je lui ai fait, ce que je lui ai dit à ce moment là… mais j’étais si en colère…en colère de ce que j’avais découvert, mais avais-je mieux fait ?

Non, je lui avais moi aussi menti, mais à ce moment là il était plus facile pour moi de lui mettre toute la faute sur le dos. Lui seul était coupable, coupable de l’injustice de ma vie, coupable de mon passé, de mon présent…moi je ne voulais pas accepter le poids de mes propres choix…quand j’y repense, notre rencontre, tu avais cet air à la fois si froid et si doux, une combinaison étrange qui pourtant te définissait à la perfection …tant de choses étaient différentes à cette époque là, moi la première.

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Tous les commentaires de l'article:
03

  • sayuri

    ven 26 sep 2008 12:30

    Bonne question destin ou pas ? il est plus facile de penser que tout arrive parce que ça doit arriver mais quand on perd quelqu'un quand on se perd soi meme est ce vraiment le destin...quand on se complait à souffrir pour ne pas oublier hier quand le ciel avait encore cette couleur particulière quand on voyait les choses différement encore innocemment et pan un matin on se réveille lucide fou....ivre...différent...on change au fur à mesure on se modifie à cause de tel personne de tel détail dans l'air dont on se souviendra toute notre vie...et pourtant malgré tout on veut se dire qu'on se maitrise on se sent coupable pas de nous parce qu'on se fiche de ce que l'on est mais des autres...de ce qu'on est et qu'on leur impose de ce qui a pu leur arriver de ne pas etre comme eux de ne plus voir comme eux...
    On vit on attends on court après ce truc particulier...qu'on trouve parfois chez quelqu'un auquel on peut tout dire ou les mots nous dépassent....et parfois on envoie tout valser comme ça sans raison avec raison peu importe...

  • Ichiro

    ven 12 sep 2008 22:47

    Heyyyyyyyyyyyyy!!
    Je viens de capté quelque chose!!
    Pour la 4 ème fois je relis le début de l'histoire (suis trop bete je sais x__x ) et je viens de capté que le gas qui est contre le mur est le gas qui parle à Mael au musée

    C'est fais exprés??? xD
    Rhoo biiyouu

  • simorette

    ven 29 aoû 2008 19:42

    je me répète mais je me pose plein de questions sur leurs destins entrecroisés..
    c'est très prenant


 

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